conquête
étymologie
conqueste. Du latin populaire conquaesita, féminin substantivé de conquaesitus, participe passé de conquaerĕre « conquérir », réfection du latin classique conquīrĕre « conquérir ».

nom

SingulierPluriel
conquêteconquêtes

conquête \kɔ̃.kɛt\ féminin

  1. Action de conquérir ; la chose conquise elle-même.
    • Avant la conquête française, la Kabylie ne connaissait pas d'autre mode de répression que la vengeance privée et les Kabyles n'étaient pas de mauvaises gens. (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.VI, La moralité de la violence, 1908, p.256)
    • Depuis sa conquête par César et jusqu'à la fin du Ve siècle, la Gaule n'a été qu'une terre romaine, entièrement latinisée et son histoire se confond avec celle de Rome. (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours - Avant-propos, 1937)
    • Je tirai sur la manette des gaz; le moteur répondit avec une docilité touchante, et nous voici partis à la conquête du ciel. (Dieudonné Costes & Maurice Bellonte, Paris-New-York, 1930)
    • À l'état naturel, les résineux comme les feuillus ont une grande puissance de conquête et une grande longévité. (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, p.16)
    • En mai 1925, Amundsen était parti en avion à la conquête du Pôle Nord, et la plus grande inquiétude régnait sur son sort. (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Avant que le califat omeyyade de Damas n'eût cédé la place aux Abbassides de Bagdad, en 750, les conquêtes arabes avaient unifié politiquement une grande partie du monde, de l'Espagne à l'Inde. (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992)
    • (Figuré)D'abord réservées aux scientifiques, les Pyrénées ont ensuite accueilli un tourisme prudent en attendant les pyrénéistes, ivres de conquêtes. (André Lasserre, Petite histoire de la Bigorre, Éditions Cairn, 2015)
  2. (Spécialement) (histoire) (Canada) Prise de possession, par les armes (1759-1760) puis par traité (1763), du territoire de la Nouvelle-France par l'Empire britannique. voir Conquête
    • Doit-on parler d'une « conquête » pour décrire les événements de 1754-1760 ou encore de 1763?
      Dans la perspective des Canadiens, le terme
      conquête n'est pas trop fort. Les Français ne l'aiment pas. Je ne sais pas quel mot ils préfèrent, d'ailleurs. Je pense qu'ils n'aiment tout simplement pas le souvenir du traité de Paris de 1763. (Denis Vaugeois et Stéphane Savard, Entretiens, Boréal, Montréal, 2019, p. 133)
  3. (En particulier) Action de séduire, en parlant de l’amour, de la sympathie, voire, comme dans le sens 1, la personne séduite elle-même.
    • […] ; mais vous avez certainement fait sa conquête, car ce n'est probablement pas pour moi qu'il passe sous nos fenêtres deux fois par jour depuis que vous êtes ici... Certes, il vous aime. (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • Certes Casanova n'est pas impie, n'est pas un démon, ne provoque ni Dieu ni les hommes. […]. Enfin il se contente de conquêtes faciles. (Denis de Rougemont, ''Comme toi-même : Essais sur les Mythes de l'Amour, Albin Michel, 1961, note n°1, p.114)
    • Décidément, on s’y perdait avec les conquêtes de ce Don Juan de l’opérette. (Jo Barnais [Georges Auguste Charles Guibourg, dit Georgius], Mort aux ténors (roman), ch. XIX, Série noire, Gallimard, 1956, p. 174)
    • Le coureur de jupons ne sait plus se tenir :
      En sa ligne de mire, une femme, messires !
      Courant comme un heureux vers sa douce conquête
      On le soupçonne d’être un as de la quéquette !
      Un mythe qui pourrait bien vite s'écrouler […].
      (Cassiopée M.D., Profilage (Portraits professionnels): Sociologie du monde du travail, Mon Petit Éditeur, 2013, page 26)
synonymes
traductions
forme fléchie

conquête \kɔ̃.kɛt\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de conquêter.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de conquêter.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de conquêter.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de conquêter.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de conquêter.

Conquête
étymologie
voir conquête

nom propre

Conquête \kɔ̃.kɛt\ féminin singulier

  1. (hist) (Canada) Prise de possession de la Nouvelle-France par la Grande-Bretagne, d'abord par les armes (1759-1760) puis par traité (1763).
    • Quant aux anglophones, ils ont mis en place depuis la Conquête des structures qui excluent les Acadiens de toute participation au pouvoir. (Herménégilde Chiasson, « Douze dérives à propos de la Confédération », in Argument, vol. 19, n° 2, printemps-été 2017, p. 166)
    • Toutefois, même si, pour les nouveaux leaders, la Conquête n'était pas en elle-même un grand traumatisme source d'abaissement et d'appauvrissement, elle avait tout de même entraîné un changement de régime qui enserrait désormais l'ancienne colonie française dans un environnement anglophone et protestant. La Conquête faisait donc planer sur cette société fragilisée la menace d'une stagnation culturelle, sinon d'une assimilation. (Gérard Bouchard, Les nations savent-elles encore rêver?, Boréal, 2019, p. 238)



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