avare
étymologie
(1527) Du latin avarus. Le sens latin fut gardé jusqu’au XVIIIe siècle en sus de « qui aime entasser l’argent. » (XIIe siècle) aver en ancien français, de avere « désirer vivement ».

adjectif

SingulierPluriel
avareavares

avare \a.vaʁ\ masculin et féminin identiques

  1. Qui a un désir excessif d’accumuler.
    • Ma femme […] m’invectivait, réclamant toujours quelque argent, que je ne pouvais lui donner. Et elle me traitait d’avare, de grippe-sous, de sans-cœur. (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
    • Et quand il n’y aurait qu’un vers heureux à se voler à soi-même, il ne faut rien négliger : les vieillards sont un peu avares. {{source|
    • Il ne faut ni vigueur, ni jeunesse, ni santé pour être avare. (Jean de la Bruyère, 11)
    • Tu céderas, ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger, riche des dépouilles de la chrétienté. Tu disais en ton cœur avare : Je tiens la mer sous mes lois, et les nations sont ma proie. {{source|
    • ''Son naturel… Le fit, dans une avare et sordide famille,/>Chercher un monstre affreux sous le nom d’une fille. (Nicolas Boileau, Satires'', X)

  2. (Figuré) Qui ne donne pas facilement une chose, qui en est très économe.
    • ''Quoi que le sort te donne, il t’est encore avare,/>S’il pèse ton mérite et mon affection. (Jean de Rotrou, Bélisaire'' III, 7)

    • En vain vous espérez qu’un dieu vous le renvoie ; Et l’avare Enquérons ne lâche pas sa proie. Ainsi il continue le mouvement. (Jean Racine, Phèdre, II, 5)
    • C’était un voyage qu’une petite troupe eût eu assez de peine à faire quand même elle n’eût point eu d’attirail, car il y a grande disette d’eau par toute cette contrée, et le ciel lui en est aussi avare que la terre. {{source|
    • Et tout ce que des mains de cette reine avare Vous avez pu sauver et de riche et de rare. (Jean Racine, Athalie, IV, 2)
    • Le nôtre [notre cœur] s’endurcit, la repouſſe, l’égare : Le bras qui la verſait [la grâce] en devient plus avare ; Et cette ſainte ardeur qui doit porter au bien, Tombe plus rarement, ou n’opère plus rien. (Pierre Corneille, Polyeucte I, 1)
  3. (Suivi de la préposition de) Qui n’accorde pas, qui ne prodigue pas.
    • Il est avare de son temps.
    • Marius de leur sang eût été moins avare ; Sylla les eût punis. {{source|
    • ''Je me plains seulement de ce pays barbare/>Qui de six pieds de terre à son prince est avare. (Jean de Rotrou, Antigone'', IV, 3)

    • Avare du secours que j’attends de tes soins. (Jean Racine, Phèdre, IV, 2)
    • La première [fille d’honneur de la duchesse], que son mari n’avait pas assurément épousée pour ses beaux yeux, était faite comme la plupart des riches héritières, pour qui l’équitable nature semble avare de ses richesses à mesure qu’elles sont comblées de celles de la fortune. (Antoine Hamilton, Mémoires de Grammont 7)
    • Alors, grave dans sa démarche, réservé dans ses politesses, avare de mots, chiche de pensées, on l’expédie en pays étranger. (Les Français peints par eux-mêmes, 1841)
synonymes antonymes
traductions
nom

SingulierPluriel
avareavares

avare \a.vaʁ\ masculin et féminin identiques

  1. Personne avare.
    • C’est un avare.
    • Une vieille avare.
    • Je n’ai pu rien tirer de cet avare.
    • L’Harpagon de Molière, le père Grandet de Balzac, l’Ebenezer Scrooge de Charles Dickens sont trois types de l’avare.
synonymes
traductions


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