cabaret
étymologie
(nom 1) Terme attesté presque exclusivement en pcd et en wallon aux XIIIe et XIVe siècles. Étymologie discutée :
  1. Apparenté à chambrette avec conservation du son \k\ propre au normano-picard (voir cambe, « brasserie » en ancien français) et dénasalisation du radical ;
  2. Ménage le tire du latin caupo issu du grec ancien, « mais, outre qu'on ne voit pas par quelle voie ni par quelle filière grammaticale ce mot grec serait venu dans le français, on n'obtient pas par là une explication des trois ou quatre sens que le mot présente [en ancien français] » ;
  3. Tout aussi problématique que le précédent l’étymon grec ancien κάπη, « [parce que dans] les tavernes on n’y vendait que du vin, sans y donner à manger ; au lieu qu’on donnait à manger dans les cabarets » ;
  4. Antoine-Paulin Pihan propose une autre étymologie tirée de l’arabe خمارة, qui dérive de خمر. Mais comme pour les hypothèses gréco-latines précédentes, on voit mal comment le mot arabe, rare au demeurant, peut rendre compte de la polysémie du mot en ancien français. Le mot khammara est un emprunt tardif à l’arabe par des voyageurs au Levant.
(nom 2) De bacaret avec métathèse, lui-même du latin baccar.
(nom 3) De l’occitan cabraret, cabrairet (« hulotte »).

nom

SingulierPluriel
cabaretcabarets

cabaret \ka.ba.ʁɛ\ masculin

  1. taverne#fr|Taverne où l’on vend en détail du vin et des boissons spiritueuses et où l’on vend aussi à manger.
    • La fréquentation du cabaret entraine des maux étranges ; on y mange, on y joue son bien, on y ruine sa santé : on s'y abandonne à toutes sortes de crimes, comme aux jeux excessifs, aux tromperies, aux juremens, aux querelles, aux médisances, aux paroles sales, enfin à l'ivrognerie, qui fait que l'homme n'est plus homme, dit Saint Grégoire. (Nicolas Thibaut, Prières et instructions chrétiennes, 1737)
    • Mon herbier et mes livres de botanique me coûtent déjà beaucoup de peine et d'argent à transporter de gîte en gite, et de cabaret en cabaret. (Jean-Jacques Rousseau, Oeuvres complètes, 1824)
    • Depuis huit jours, j’avais déchiré mes bottines
      Aux cailloux des chemins. J’entrais à Charleroi.
      — Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines
      De beurre et du jambon qui fût à moitié froid.
      (Arthur Rimbaud, Poésies (Rimbaud)/éd. Vanier, 1895/Au Cabaret-Vert, cinq heures du soir)
    • En un village de trois cents habitants, où il y avait autrefois cinq cabarets, il y en a quinze maintenant, et tous font leurs affaires. (Octave Mirbeau, Le Tripot aux champs, Le Journal, 27 septembre 1896)
    • Il attire mon attention sur ce fait que, très souvent ici, même dans les cabarets, on voit des crucifix et des images pieuses. (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Ces hommes marqués dans le dos ne semblaient point en penser long ; ils allaient de cabaret en cabaret et semblaient mus par mécanique. (Alain, Souvenirs de guerre, page 112, Hartmann, 1937)
    1. (vieilli) Lieu de réunion d’hommes de lettres ou d’artistes qui se tenir dans tel ou tel débit de vins.
      • Le soir il y eut un grand souper chez Joassant, qui représenta le dernier cabaret de la littérature. C'était un endroit où passaient la nuit ceux qui revenaient tard des théâtres et des journaux. (Champfleury, Les aventures de Mademoiselle Mariette - 1862)
  2. (En particulier) Établissement où l’on se réunit pour entendre des chansons satiriques ou politiques.
    • Le Chat noir fut l'un des premiers cabarets artistiques. Il fut créé en 1881 par Rodolphe Salis à Montmartre …. (Article « Cabaret » de Wikipédia)
  3. plateau#fr|Plateau ou petite table servant à servir des boissons.
    • On était auprès de plusieurs cabarets de thé et de café ; en prenait qui voulait. (Louis de Rouvroy de Saint-Simon, Mémoires)
    • À dix heures sonnantes, M. de Riquebourg entra dans la chambre de Leuwen, suivi de la fidèle Marion, qui portait un cabaret avec du café au lait, et Marion était elle-même suivie d'un petit jockey qui portait un autre cabaret avec du thé, du beurre et une bouilloire. (Stendhal, Lucien Leuwen)
    • Pour finir, on apporte un cabaret avec du vin de Malaga, de Xéres et de l’eau-de-vie, aguardiente, qui ressemble à de l’anisette de France, et une petite coupe (fuego) remplie de braise pour allumer les cigarettes. (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, Charpentier, 1859)
    1. Porte-liqueurs, cave à liqueurs.
      • Calyste refusa de prendre […] des liqueurs contenues dans un de ces magnifiques cabarets en bois précieux qui sont comme des tabernacles. (Honoré de Balzac, Béatrix, 1839-1845)
    2. Assortiment des tasses qu’on met sur le plateau.
      • Un cabaret de porcelaine.
      • En lui donnant ce conseil, il parlait dans l’intérêt d’un amas hétérogène de plateaux de pâtissier, de lampes, de cabarets garnis de verres, de banquettes à rouet, épars çà et là dans la salle, restes confus d’une soirée de la veille. (Charles Dickens, Vie et aventures de Nicolas Nickleby, 1885)
synonymes
traductions
traductions
nom

SingulierPluriel
cabaretcabarets

cabaret \ka.ba.ʁɛ\ masculin

  1. (plantes) asaret#fr|Asaret.
    • Cabaret des oiseaux.
    • Cabaret de murailles, cynoglosse omphalode.
    • Les feuilles & les racines du cabaret sont douées d'une odeur pénétrante, & d'un goût acre. Elles provoquent fortement le vomissement & les selles. (Jacques-Christophe Valmont de Bomare, Dictionnaire raisonné universel d'histoire naturelle, 1791)

nom

SingulierPluriel
cabaretcabarets

cabaret \ka.ba.ʁɛ\ masculin

  1. (oiseaux) linotte#fr|Linotte.
    • La longueur totale du cabaret est de quatre pouces et demi ; son vol a près de huit pouces ; son bec, un peu plus de quatre lignes; sa queue, deux pouces ; elle est fourchue et ne dépasse les ailes que de huit lignes. (Georges Louis Leclerc de Buffon, Œuvres complètes, 1818)

Cabaret
nom de famille

Cabaret

  1. Nom de famille.

nom propre

Cabaret

  1. Commune de l’ouest d’Haïti.
    • En 1961, la commune endormie de Cabaret est désignée pour avoir l’honneur de devenir la cité à l’image du président. — (Mikal Hem, Et si je devenais dictateur, traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud, Gaïa, 2017, page 172)
synonymes
  • Duvalier-Ville (1961–1986)

traductions


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