cadeau
étymologie
(1416) Apparait avec le sens de « lettre capitale ornée », en ancien français cadel, de l'Provençal ancien capdel ; du sens de « capitale ornée », il est passé à celui de « chose inutiles » puis à celui de « fête » et enfin le sens qu'on lui connaît.
Ou du latin catellus diminutif de catenachaine »), à cause de la forme enchaînée des traits de plume. Gilles Ménage nous apprend que « faire des cadeaux » s'est dit pour « faire des choses spécieuses mais inutiles », comparées métaphoriquement à ces traits de main des maîtres d'écriture. De là on passe sans peine à « cadeau » dans le sens de « divertissement, fête » et, finalement, « présent ».
Antoine-Paulin Pihan le fait dériver de l’arabe هدية, ce qui ne correspond ni phonétiquement, ni sémantiquement au sens ancien de « lettre capitale ».

nom

SingulierPluriel
cadeaucadeaux

cadeau \ka.do\ masculin

  1. (vieilli) fête#fr|Fête que l’on donnait principalement à des femmes, partie de plaisir.
    • Elles y ont reçu des cadeaux merveilleux de musique et de danse. (Molière, Am. magn. I, 1)
    • Des promenades du temps,
      Ou dîners qu’on donne aux champs,
      Il ne faut point qu’elle essaye
      Selon les prudents cerveaux,
      Le mari dans ces cadeaux
      Est toujours celui qui paye.
      (Molière, L’École des femmes, III, 2)
  2. présent#fr|Présent, don.
    • Je me représentais sa mine lorsqu’elle recevrait mon cadeau, et je me demandais : « Qu’est-ce qu’elle dira ? » (Erckmann-Chatrian, Histoire d’un conscrit de 1813, J. Hetzel, 1864)
    • Je reçus de France un important matériel, un nouveau cinématographe, cadeau de mon ami Pierre Albaran, et un phonographe envoyé par Jean Borotra, le champion de tennis. (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Le « gros » l'entretenait parcimonieusement de repas et de cadeaux mesquins et lui payait sa chambre, au coin de la rue Grange-Batelière. (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette ↗, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 88)
    • Cheikh Gaafar se montra généreux pour la dot et les cadeaux. Il fit célébrer de belles fêtes pour le mariage. […]. Le village entier fut en liesse. (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans "Trois contes de l'Amour et de la Mort", 1940)
    • J'ai reçu des sous-vêtements, des montres, même des étuis à crayon. Que des choses pratiques. Ce ne sont pas des cadeaux, ça! Les cadeaux, c'est le luxe, l'inattendu, le flafla. Ça ne sert à rien, un cadeau qui sert à quelque chose. (David Goudreault, La bête à sa mère, Stanké, 2015, p. 152.)
  3. (ironique) Employé par antiphrase pour désigner quelqu’un ou quelque chose qui déplait ou qui nuit.
    • Ah ! C’est un joli cadeau ! Depuis vingt-huit ans que je l’endure ! Ah ! Je suis servie ! (Louis-Ferdinand Céline, Mort à crédit, Denoël & Steele, Paris, 1936)
    • Avec ça le crâne aussi lisse que ces saletés de melons qui font la richesse de la région, mais l’intelligence en moins.
      Incapable de prononcer une phrase sans mettre un mot à la place d’un autre.
      Un cadeau pour l’humanité.
      (Tito Topin, Shanghai Skipper, Série noire, Gallimard, 1986, page 20)
    • Ivre mort, le salaud ! Allons bon, v’là autre chose ! Tu parles d’un cadeau, ce mec ! (Frédéric Dard (San-Antonio), La Matrone des Sleepinges, Fleuve Noir, 1993)
synonymes
traductions


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