camp
étymologie
(Nom commun) Du latin campus (« plaine, place, large espace »), ce mot est le doublet lexical de champ.
(Adjectif, nom commun dérivé) De l'anglais camp.

nom

SingulierPluriel
campcamps

camp \kɑ̃\ masculin

  1. (militaire) Espace de terrain où une armée dresse des tentes ou construit des baraques pour s’y loger en ordre ou pour s’y retrancher.
    • L'armée et la flotte furent remplies de nobles qui n'avaient vu ni un camp ni la mer depuis vingt-cinq ans ; on refit la maison du roi telle qu'elle était sous Louis XVI; […]. (Théophile Lavallée, Histoire des français: depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1830, Paris : J. Hetzel & Paulin, 1841, 3e éd., vol.4, p.535)
    • Bouzemont fut occupé jadis par les Romains, qui y avaient un camp retranché. (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1923)
  2. (Par analogie) Centre de rétention bâti comme un camp militaire.
    • Envoyé à la prison du Cherche-Midi puis au camp de Cepoy, Chamberlin y fait la connaissance de truands encore en herbe comme Pierre Loutrel — bientôt on l'appellera Pierrot-le-Fou — et Georges Brahim — alias Jo Attia — ainsi que de trois agents de l'Abwehr […]. (Renaud de Rochebrune & Jean Claude Hazera, Les patrons sous l'Occupation, Odile Jacob, 1995, p.202)
    • Les hommes sont internés en Lituanie, dans les camps de Milejgany, Jewie et Roon où ils souffrent du froid intense, du manque de nourriture et d'eau potable, des conditions précaires d'hébergement, de la vermine et des humiliations. (Philippe Nivet, La France occupée 1914-1918, Armand Colin, 2014)
  3. (Par extension) Armée campée.
    • Le camp était tranquille.
    • Tout le camp fut alarmé.
  4. (Par extension) (Au pluriel) Armées en général.
    • Il fut élevé dans les camps.
    • Les camps ennemis.
  5. (Par extension) (jeux) Adversaires.
    • Aux barres, à la paume, on se constitue en deux camps.
    1. (Figuré) Parti politique, religieux ou autre, opposition.
      Ce pays est partagé en deux camps.
      Dans le camp de nos adversaires.
      Passer dans le camp ennemi.
  6. (Canada) \kɑ̃p\ Lieu retiré en forêt, doté d'une cabane rudimentaire.
    • C'était le domaine de M. Valiquette, un homme qui louait des petits camps, des chaloupes et des moteurs aux pêcheurs de passage. (, Paul à la pêche, éditions la Pastèque, Montréal, 2006, page 48)
synonymes
traductions
  • allemand : Lager
  • anglais : camp
  • russe : лагерь

traductions
adjectif

camp \kɑ̃mp\ invariable

  1. Théâtral, extravagant mais au second degré, volontairement vulgaire, autoparodique.
    • Jouant sur sa visibilité de « folles », ses membres [les gazolines] manifestait un humour « camp », proclamant que « le maquillage est une manière de vivre ». (Wikipédia, Gazolines)
    • Une folle camp ne peut jamais en faire trop. Comme dit ma Sœur Marie Janine du Rêve Suspendu, dite Jaja, « Si tu hésites, rajoutes-en ! » (ce jour-là, à Lausanne pour être précis, elle parlait de rouge à lèvres ; par la suite, cette règle fut appliquée à bien d’autres situations…).

traductions
nom

camp \kɑ̃mp\ invariable

  1. (Par substantivation) Attitude, style affecté, précieux, volontairement maniéré et toujours parodique prônant, incidemment, le renversement des valeurs hétéronormées.
    • La tactique des Sœurs dans la lutte contre le sida repose sur une stratégie politique : une utilisation du camp, une réappropriation revendiquée de l’efféminement, de la visibilité homosexuelle et de la follitude qui visent à désarmer les injonctions morales pesant sur la sexualité – sociales, religieuses, liées au sexe, au genre, aux pratiques sexuelles…
synonymes
traductions


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