curé
étymologie
(fin XIIIe siècle) Du latin curatus, « celui qui a la charge des âmes » (très rare au Moyen Âge), dérivé de cura#la|cura (« cure »).

nom

SingulierPluriel
curécurés

curé \ky.ʁe\ masculin

  1. (religion) Prêtre de l’église catholique romaine pourvu d’une cure.
    • Sous la première République, au moment même où toute l’Europe nous tombait sur le dos, c’est les curés qui ont excités la guerre civile en Vendée, fanatisant les paysans, les menant au combat, et leur promettant le paradis s’ils étaient tués. (Émile Thirion, La Politique au village, Fischbacher, 1896, p. 203)
    • Quand sa calèche passa par le village, la marquise reçut le salut du curé qui revenait de l’église. (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • […] j’entends toujours ce glas, toujours j’entends le curé me dire en pleurant : « Pauvre petit diable ! », et je revois le bedeau et ses tintenelles, les chantres et leurs chapes. (Octave Mirbeau, Contes cruels : Mon oncle)
    • Nous prenons deux otages, le vieux maire […] et le jeune curé, qui proteste avec véhémence, bien que les soldats aient encore, épinglé à la capote, les Sacré-Cœur distribués à Paray-le-Monial. (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
    • Le curé de Melotte paissait depuis trente longues années le petit troupeau que le Seigneur, par l’intermédiaire de son archevêque […] avait commis à sa garde. (Louis Pergaud, Le Sermon difficile, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Je ne saisis pas, quant à moi, un seul mot de leur jargon. Ni le maire, ni le curé je ne les entends. (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
  2. (Par extension) Tout membre du clergé.
    • ''Sans pain, sans travail et sans armes,/>Nous allons être gouvernés/>Par des mouchards et des gendarmes,/>Des sabre-peuple et des curés. (Jean-Baptiste Clément, La Semaine sanglante'', 1871)

    • Aujourd’hui tout est devenu si confus que les curés prétendent être les meilleurs de tous les démocrates ; ils ont adopté la Marseillaise pour leur hymne de parti ; et si on les en priait un peu fort, ils illumineraient pour l’anniversaire du 10 août 1792. (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, chap. VI, La Moralité de la violence, 1908, p. 303)
    • Quand on parle de réforme de l'enseignement, certaines gens s'épanouissent d'aise : « Enfin, on va leur frotter les oreilles, à ces curés! » (Marie-Victorin, « Pour un institut de géologie ↗ », Le Devoir, 27 janvier 1937, page 10)
    • Il cherchait la provocation. Lorsqu'il était à point, il hurlait dans le café que le rêve de sa vie serait de pendre le dernier curé avec les tripes du dernier bourgeois et de le laisser sécher au soleil un été durant. (Bernard Thilie, La prise du Sébastopol: La passion d'un musicien pendant la Grande Guerre, Villeneuve-d'Ascq : Éditions Ravet-Anceau, 2015, chap. « Ouverture »)
  3. (Figuré) (Péjoratif) Personne qui veut diriger la vie privée des autres au nom de ses propres principes ; moraliseur.
    • Tu as conscience que tu jettes de l’huile sur le feu avec tes « calmons-nous » et tes manières de curé ! C’est nouveau ça ? (Yasmina Reza, Art)
synonymes
traductions
forme fléchie

curé \ky.ʁe\

  1. Participe passé masculin singulier de curer.



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