gens
étymologie
(nom 1) Ancien pluriel de gent, du latin gens. Jusqu’au XVIIe siècle, on dit « cent, mille gens ».
(nom 2) Emprunt savant au latin gens.

nom

gens \ʒɑ̃\ au pluriel uniquement, masculin ou féminin (l’usage hésite) (voyez la note grammaticale ci-dessous)

  1. personne#fr|Personnes en nombre indéterminé.
    • Les flibustiers sont gens hardis et surtout clairvoyants et rusés comme des singes. (Gustave Aimard, Les Rois de l'océan: L'Olonnais, Paris : E. Dentu, 1877)
    • Je regardais les gens entrer dans la cour, les hommes en redingotes sombres, les femmes long voilées de noir. (Octave Mirbeau, Contes cruels : Mon oncle)
    • Tumultueux concours de monde aux abords de l’embarcadère, gens qui partent et gens qui regardent partir, recrutés parmi la population cosmopolite de Bakou. (Jules Verne, Claudius Bombarnac, ch. III, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892, Page:Verne - Claudius Bombarnac.djvu/41)
    • Dans la salle, trop étroite pour contenir un aussi grand nombre de gens, on s’écrasait littéralement. (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
    • Tenez, qu’est-ce qui se passe à la Bourse ? Des gens qui n’ont rien prennent le droit d’acheter une marchandise dont ils savent parfaitement que la livraison ne s’accomplira jamais, mais qu’ils revendront avec profit. (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette ↗, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, pages 167-168)
    • Empêcher la vie des gens et leur plaisir devrait-il être permis ? De quoi se mêle un ministre ? De quel droit, avec quelle permission ? (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Je me rendis compte que même à Göttingen il pleuvait parfois, les gens pouvaient être maussades. (Ruth Klüger, Perdu en chemin, traduction des éditions Viviane Hamy, 2010, La Martinière, 2013)
  2. Tous ceux qui sont d’un état, d’une profession quelconque. — Note: il est suivi de la préposition de et d’un nom qui désigne cette profession, ou cet état.
    • Les gens de robe, d’église, de guerre, d’épée, de loi, de mer. — De nombreux gens de lettres. — Les gens de finance.
  3. Ceux qui sont d’un parti, par opposition à ceux de l’autre.
    • Nos gens ont battu les ennemis. — Dix de nos gens y périrent.
  4. (vieilli) Personnes qui sont d’une même partie de jeu, de festin, etc.
    • Tous nos gens sont arrivés, faites servir le dîner. — Tous nos gens sont au rendez-vous.
    • Les gens du Roi : Se disait des procureurs et avocats généraux, des procureurs et avocats du Roi.
  5. (ellipse) domestique#fr|Domestiques.
    • Le bruit, les allées et venues des gens m’alertèrent. J’accourus avec un funèbre pressentiment, sans toutefois penser à un malheur aussi terrible. (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 19)
    • Le chîkh ne tarde pas à reparaître accompagné de quelques notables du douar, de mes gens et d’un de ses fils portant un pot de terre rempli de charbons ardents. Et nous nous pressons autour de la chaleur bienfaisante. (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 30)
  6. (Franche-Comté) Les parents, père et mère.
    • — Mais si, que tu sais. Pourquoi que tu ne veux pas me le dire  ? eh bien, puisque c’est ça, je le dirai « à vos gens » quand ils viendront. (Louis Pergaud, Un satyre, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)

traductions
traductions
nom

SingulierPluriel
gens
\ʒɛ̃s\
gentes
\ʒɛ̃.tɛs\

gens \ʒɛ̃s\ féminin

  1. (Antiquité) clan#fr|Clan familial.
    • Ce qu’était la gens dans ces âges reculés, nous ne pouvons que l’entrevoir en la considérant dans sa décadence […] En opérant sur ces données, nous sommes conduits à reconnaître dans la gens, la famille, non pas la famille se démembrant incessamment à la mort de son chef, mais la famille maintenant son unité de génération en génération. (Gustave Bloch, La République romaine, Flammarion, 1913)
    • Le Sénat est la représentation des gentes. Quand la gens Claudia entre dans la cité, elle prend place aussitôt dans le Sénat. De même les gentes albaines transférées à Rome, après la destruction d’Albe. (Gustave Bloch, La République romaine, Flammarion, 1913)
    • Si un membre de la gens n’avait pas le droit d’en appeler un autre devant la justice de la cité, c’est qu’il y avait une justice dans la gens elle-même. Chacune avait son chef, qui était à la fois son juge, son prêtre, et son commandant militaire. (Denis Fustel de Coulanges, La Cité antique : étude sur le culte, le droit, les institutions de la Grèce et de Rome, 1864, p. 127)
    • Vous ne l'avez pas adoptée, ce n'est pas une femme de la famille. Cette personne indifférente à tout ce qui ne constitue pas son étroit univers, à tout ce qui ne la touche pas directement, ne connaît aucune des lois de la « gens »; elle ignore que je suis l'ennemi. (François Mauriac, Le noeud de vipères, 1932, VIII)



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