macabre
étymologie
(1376) Je fis de Macabré la dance (J. Le Fèvre, Respit de la Mort, éd. G. Hasenohr-Esnos, 3078) attestation antérieure aux peintures murales du cimetière des Innocents à Paris, exécutées en 1425, auxquelles fait allusion le Journal d’un bourgeois de Paris (1405-1449), qui mentionne un cordelier ayant prêché aux Innocents en avril 1429 « le dos tourné vers les Charniers encontre la Charonnerie, à l’androit de la Dance Macabre. »
Étymologie incertaine :
  1. Origine orientale via l’espagnol macabro, issu de l’arabe مقابر, pluriel de مقبرة, maqbara ou maqbura, ou de مقبر, maqbar ; cette étymologie arabe est rejetée par les linguistes romans comme étant sans fondement ;
  2. Il semble préférable de voir en Macabré une variante du nom propre d’origine biblique Macchabée. Macabey, Maquabré, Makabré, etc., sont attestés comme nom de famille à partir de 1333, à Porrentruy, dès le douzième siècle. Macabré indiquant l’homme qui était considéré, à tort ou à raison, par Le Fèvre, comme l’inventeur du thème pictural ;
  3. On a encore supposé que la danse Macabré aurait été une danse liturgique, une procession dansée ou un mystère, représentant le martyre des sept frères Macchabées qui moururent l’un après l’autre pour leur foi (II Macc. 7), où les danseurs disparaissaient tour à tour pour signifier que chaque être humain doit subir la mort. Il est attesté postérieurement, en latin médiéval chorea Machabaeorum « danse des Macchabées », représentation scénique donnée dans l’église St Jean l’Évangéliste à Besançon en 1453.

adjectif


macabre \ma.kɑbʁ\ ou \ma.kabʁ\ masculin et féminin identiques

  1. Qualifie une « danse » consistant en une suite d’images qui représentent la mort entraînant avec elle, en dansant, des personnages de toutes les conditions voir danse macabre.
  2. (Par extension) Qui est lugubre, funèbre, sinistre.
    • Récit macabre.
    • Plaisanterie macabre.

traductions
nom


macabre \ma.kɑbʁ\ ou \ma.kabʁ\ masculin

  1. (arts) Ce qui présente un caractère macabre.
    • [Rollinat] devrait lâcher le macabre et écrire un livre de prose sur ce dont il cause si bien et d’une manière si spéciale. (Edmond de Goncourt et Jules de Goncourt, Journal, 1886, p. 575)
    • Contrairement aux flegmatiques, émotivité, inactivité, primarité, tout les pousse au mensonge : ils sont les derniers des huit types de Heymans pour la véracité ; chez aucun autre il n’y a autant d’écart entre principes, paroles et actes : peut-être est-ce pour la même raison qu’ils sont à leur tour les plus méfiants des hommes ; ils sont affectés, complimenteurs ; ils ne peuvent raconter sans embellir et dans les formes extrêmes ce goût de la dramatisation devient un goût de l’horrible, du macabre, de l’anormal, du défendu (Poë, Dostoiewski, Lautréamont). (Emmanuel Mounier, Traité du caractère, 1946, p. 252)



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