malotru
étymologie
De l’ancien français mallotreux, variante de malestru, du latin male astrosus (« mal né, né sous une mauvaise étoile ») voir mal, astruc « mal chanceux » en catalan.

nom

SingulierPluriel
malotrumalotrus

malotru \ma.lɔt.ʁy\ masculin (pour une femme on dit : malotrue)

  1. Personnage mal élevé, grossier.
    • Sur ce, je me vois dans l’obligation de vous prévenir que vous êtes un fier malotru, et que je vais déposer ma plainte chez le commissaire. (Eugène Sue, Les Mystères de Paris, 1843)
    • Beaucoup de gens sont venus à la rescousse, on me disait que j’avais tort de ne pas aller à Guermantes, que je me donnais l’air d’un malotru, d’un vieil ours. (Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann, 1913, Éditions Gallimard, Folio n° 1924, 1987, page 126)
    • Un jour, j’expliquais que malotru, au XVIIe siècle, ne signifiait pas mal élevé, mais mal fait, mal bâti, du latin malum astrum, né sous un mauvais astre''./>Les mains de Caronet semblaient s’affairer sous la table. D’abord je fis semblant de ne pas le voir. Je lançais une première citation : Le chevalier de Lorraine est très malotru et très languissant : il aurait l’air d’être empoisonné, si Mme de Brinvilliers eût été son héritière. (Mme de Sévigné.) (Paul Guth, Le mariage du Naïf'', 1957, réédition Le Livre de Poche, page 31)

    • Soudain, un malotru parut, arracha la bouteille de la bouche de Nicole, en but le quart, puis, d'une façon qu'on voit tout le temps au cinéma, se versa le reste sur la tête. (Réjean Ducharme, L'hiver de force, Gallimard, 1973, page 88)



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