perler
étymologie
dénominal#fr|Dénominal de perle#fr|perle.
De parler, avec hypercorrection du ar en er, à cause des accents traditionnels québécois qui changeaient le [ɛʁ] en [aʁ] (marde, varger, varte, marci, pardu, …) et pour exprimer l’obsession de parler un français normatif. À l’origine une simple erreur, le terme est entré dans la langue suite à son utilisation humoristique dans Les Belles-sœurs de Michel Tremblay.

verbe

perler \pɛʁ.le\ intransitif conjugaison

  1. Se détacher en forme de perles.
    • On peut même couper avec des ciseaux les deux antennes d'un Zygène sans troubler son repas, bien qu'une goutte de sang jaune vienne perler sur la surface de section. (Paul Portier, La biologie des lépidoptères, Editions P. Lechevalier, 1949, note 1 p. 445)
    • J’ai senti une sueur froide me perler aux tempes. Je prévoyais déjà l’erreur judiciaire. (Jo Barnais [Georges Auguste Charles Guibourg, dit Georgius], Mort aux ténors (roman), ch. II, Série noire, Gallimard, 1956, p. 20)
    • Des gouttes de sueur perlaient sur son corps, et tandis qu’il cognait […] l’homme se tassait, se raccourcissait. (Charles Binam Bikoi, Mpomo, le prince de la grande rivière, 2007)

verbe

perler \pɛʁ.le\ intransitif conjugaison

  1. (Québec) (familier) (ironie) Parler avec l’accent de France ou s’imaginer parler de manière très normative.
    • C’est de la merde, pis tout ça, c’était dit par des gentils monsieurs en cravate qui perlent très bien, mais c’est mille fois plus grossier que ce que moi je peux dire, parce que c’est de la marde, c’est pas vrai, Claude Ryan c’est ni un grand penseur, ni un grand journaliste, ni un grand homme politique, ni un grand Québécois. (Pierre Falardeau en entrevue avec Paul Arcand, 2004)

nom

perler \pɛʁ.le\ masculin

  1. (Québec) (familier) (ironie) Déverbal de perler (verbe 2).
    • Si ce qui suit donne des apparences de découture (le fait d’être décousu, j’ai vérifié, ça n’est pas dans le dictionnaire du bon perler, excellente raison donc de l’utiliser), attribuez-en la faute à l’abondance. (Jean Dion, Le Devoir, 8 juin 2004)
    • Les Antilles auront gagné une vieille bataille qu’elles livraient au Québec, sans doute sans même le savoir : c’est grâce à elles si le mot djobeur, c’est-à-dire, la «personne qui effectue de petits travaux non déclarés », obtient le statut de substantif du bon perler français. C’est quoi la djoke ? (Rudy Le Cours, La Presse, 21 août 2003, page C4)

traductions


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