prendre garde
étymologie
 Composé de prendre et de garde.

locution verbale

prendre garde \pʁɑ̃dʁ ɡaʁd\ (se conjugue → voir la conjugaison de prendre)

  1. Agir avec prudence.
    • Je n’aurais pas pris garde à lui, s’il ne m’eût adressé la parole.
    • On m’annonça hier cette nouvelle, mais je n’y pris pas garde.
  2. Avoir l’attention éveillée sur quelque danger, se précautionner contre lui, en garantir quelqu’un qui y est exposé.
    • Quoi que nous fassions, il nous faudra en tout cas bien prendre garde de ne point agir à rebours de nos intentions. (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • C’était à leur yeux le signe d’une mystérieuse faiblesse, non sans rapport peut-être avec mon état d’orphelin, qu’ils prenaient garde de me faire sentir. (Marcel Arland, Terre natale, 1938, réédition Le Livre de Poche, page 35)
    • Les bêtes si méfiantes qui s’abattaient à la croûle sur les fagnes pour en extraire les vers, ne prenaient point garde aux filets tendus à plat sur le sol; elles s’y empêtraient et tous leurs efforts étaient vains. Elles ne pouvaient s’en dépêtrer ou arracher le bâtonnet qui les fixe. (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Entre temps, les rationalistes zélés avaient dû prendre garde aux poursuites d'un cléricalisme obscurantin. Ils furent obligés de ne pas manifester trop ouvertement leurs vues, en raison de la « crainte du sabre ». (Études islamologiques d'Ignaz Goldziher, traduites & analysées par Georges-Henri Bousquet, Leiden : E. J. Brill, 1962, page 135)
  3. (intransitivement ou suivi de à) Se méfier.
    • Il faut toujours bien prendre garde que le Juif du Moyen Âge, devenu si résigné, ressemble beaucoup plus au chrétien qu’à ses ancêtres. (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, chapitre VII, La morale des producteurs, 1908, note au bas de la page 339)
    • Et l’air, mon Claudin, l’air reniflable, risquais-je avec rusticité?
      Tu renifles ? Et les microbes ! Prends garde !
      (Émile Bergerat, Souvenirs d’un enfant de Paris, 1912, page 218)
    • Mais quand l’Église, profitant de l’effondrement de la puissance romaine et du désarroi provoqué à travers les Gaules par les invasions barbares, s’installa dans le pays sans que nul n’y prît garde, son premier soin fut de s’assurer de la possession des terres. (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
synonymes
traductions
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