taper
étymologie
(Verbe 1) D’une onom tap. Apparenté par Diez à l’allemand tappen, à l’anglais dab au néerlandais deppen et au suivant.
Plus avant, le radical germanique est issu de l’indo-européen dʰabʰ- qui donne le latin faber (« artisan, celui qui fait ») et taper retrouve le sens de « fabriquer, forger [taper avec un marteau] » dans des expressions comme se taper une corvée, tout le travail.
(Verbe 2) De l’occitan tapar, apparenté à tapon, à l’espagnol tapar, à l’italien tappare et au précédent.
(Nom) De l’anglais taper.

verbe

taper \ta.pe\ transitif, intransitif ou pronominal conjugaison

  1. (familier) Frapper du plat de la main, battre, donner un ou plusieurs coups.
    • Taper un enfant.
    • Si vous désobéissez, je vous taperai.
    • Elles se tapèrent comme les laveuses tapent leur linge, rudement, en cadence. Quand elles se touchaient, le coup s’amortissait, on aurait dit une claque dans un baquet d’eau. (Émile Zola, L’Assommoir, 1877, page 400)
    • Se taper le front.
    • Ça riait en se tapant les cuisses. (Jean Giono, Un de Baumugnes, 1929, p. 67)
    1. Frapper, cogner, toquer pour produire un bruit.
      • Il faisait joyeusement taper ses béquilles sur le pavé. (René Benjamin, Gaspard (roman), 1915, page 150)
      • Taper trois coups à la porte.
      1. (Théâtre) Frapper trois coups pour annoncer le début du spectacle.
        • L’Annoncier tape fortement le sol avec sa canne, et lorsque le silence règne, il annonce : Le Soulier de satin ou Le Pire n’est pas toujours sûr (Paul Claudel, Le Soulier de satin, 1944)
      2. (musique) Mal jouer de la musique en frappant sans nuance sur un instrument.
        • Il n’y avait guère là, le soir, que la seconde des corsets, miss Powell, qui tapait sèchement du Chopin sur le piano. (Émile Zola, Au Bonheur des dames, 1883, page 648)
  2. Dactylographier, écrire à la machine ou à l'ordinateur, les doigts frappant le clavier.
    • Je lui dictais sévèrement des choses ennuyeuses qu’elle tapait avec une application timide, toute frêle, toute mièvre dans sa robe de confection simili popeline. (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette ↗, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 199)
    • J’étais écœurée de son attitude, elle jouait les étonnées et essayait de me persuader que c'était Jojo qui avait tapé ce courrier. (Catherine Podgorski, Charlatan, Scélérat, Menteur! Je vous présente mon employeur, Éditions Publibook, 2001, page 68)
    • (Absolument) Elle ne tape pas vite.
  3. jouer#fr|Jouer, le complément d’objet désignant des cartes (voir taper le carton) ou un jeu de cartes.
    • Il regarda dans la glace quatre vieux qui tapaient une belote en silence. (René Fallet, Banlieue sud-est, 1947, page 33)
    • Les vrais « hommes » se réfugient chez Dupont tout est bon, où la banalité est encore de mise, dans les tabacs rebelles aux effets, et tapent leurs parties de cartes sur le tapis de tout le monde sans verser dans un académisme de sages-femmes. (Léon-Paul Fargue, Le Piéton de Paris, 1939, page 137)
  4. (argot) Prendre.
    • On pique, on avale… on tape dans le tas avec les doigts… le tout c’est de s’y mettre… Et c’est excellent ! (Louis-Ferdinand Céline [Louis Ferdinand Destouches], Mort à crédit, Denoël, Paris, 1936, page 324)
  5. (popu) Se faire donner ou prêter.
    • Mon fils m’a tapé vingt euros.
    • ''Je ne sais pas si vous savez que vous êtes comtesse de Combray et que le chapitre vous doit une redevance ?/>— Je ne sais pas ce que me doit le chapitre, mais je sais que je suis tapée de cent francs tous les ans par le curé, ce dont je me passerais. (Marcel Proust, Un amour de Swann'', 1913, réédition Le Livre de Poche, page 198)

    • Entre vingt et trente ans, on peut taper les copains pour finir le mois, ça n’a pas d’importance. Entre trente et quarante, ça commence à devenir pénible. Au-dessus de quarante, c’est intolérable. (Roger Vailland, Drôle de jeu, 1945, page 206)
    • Lecouvreur était encore un bleu dans le métier de bistrot. Il ne savait pas se débarrasser des raseurs qui le tapaient d’une tournée. (Eugène Dabit, L’Hôtel du Nord, 1929, page 60)
  6. (intransitif) Frapper, donner un ou plusieurs coups, rosser, heurter, cogner.
    • Taper sur quelque chose.
    • Il lui tapa sur le ventre.
    • Elles couraient et couraient. Leur cœur tapait ; bientôt le souffle leur manqua. (Henri Pourrat, Gaspard des montagnes, 1930, page 242)
    • Ce fut lui, enfin, qui enfonça les crochets pour les fameux rideaux, non sans taper du marteau sur ses doigts. (Georges Simenon, Le Blanc à lunettes, ch. VIII, Gallimard, 1937)
    • Levaque, délassé et excité d’avoir tapé sur sa femme, tâcha vainement d’entraîner Maheu chez Rasseneur. (Émile Zola, Germinal, 1885, page 1233)
  7. (intransitif) (Par extension) En parlant du soleil, frapper par sa puissance ou sa luminosité.
    • Mets-toi une casquette, le soleil va taper fort aujourd'hui. (, Paul à la pêche, éditions la Pastèque, Montréal, 2006, page 75)
  8. (intransitif) Frapper, atteindre.
    • Taper à côté : Échouer.
    • Taper dans le mille : Réussir.
  9. (intransitif) Monter à la tête, enivrer.
    • Tu monteras deux bouteilles de notre Lunel… du deux francs… de celui qui tape. (Edmond de Goncourt et Jules de Goncourt, Germinie Lacerteux, 1864, page 129)
  10. Prendre au nez, à la gorge, puer.
    • Ça tape ici !
    • Il tape des arpions que c’est pas croyable… On se recule nauséeux. (Bertrand Blier, Les Valseuses, 1972)
  11. (pronominal) (popu) manger#fr|Manger, boire.
    • J’avais de quoi alimenter la conversation chez Lipp où j’avais l’intention d’aller me taper une choucroute. (Jo Barnais [Georges Auguste Charles Guibourg, dit Georgius], Mort aux ténors (roman), ch. II, Série noire, Gallimard, 1956, page 19)
      1. Tiens, ma vieille elle a soixante-cinq ans, j’habite avec elle. Eh bien, à son âge, elle se tape encore son kil de rouge dans la journée. (Jean-Paul Sartre, Les Chemins de la liberté (roman) : La Mort dans l’âme, 1949, page 247)
  • (pronominal) faire#fr|Faire, être obligé, contraint de faire.
    • C’est moi qui ait dû me taper tout le travail.
    • J’ai dû me taper tout le trajet à pied.
  • (pronominal) Être atteint par, subir.
    • Se taper une angine.
  • (pronominal) (vulgaire) Se faire, faire l’amour avec.
    • Se taper un mec.
    • Se taper une pute.
  • (pronominal) (popu) Faire coup blanc, ne rien obtenir, faire des efforts en vain.
    • Tu peux toujours te taper.
  • (pronominal) (vulgaire) Se branler, n’en avoir rien à foutre.
    • Je m’en tape !
    • Je n’en ai rien à taper.
  • (familier) Consommer de la drogue par le nez.
  • synonymes
    puer
    coincer
    être contraint de faire
    se farcir

    traductions
    traductions
    traductions
    traductions
    traductions
    • anglais : pound
    • russe : топать (du pied)

    verbe

    taper \ta.pe\ transitif conjugaison (pronominal : se taper)

    1. boucher#fr|Boucher, fermer, couvrir. Boucher avec une tape.
      • Par mauvais temps, il faut taper les hublots.
    2. (rare) Se couvrir le visage.
      • Veut-elle sortir, elle passe sa saya sans corset (la ceinture de dessous serrant la taille suffisamment), laisse tomber ses cheveux, se tape, c’est-à-dire se cache la figure avec le menton, et sort pour aller où elle veut. (Flora Tristan, Les Femmes de Lima, dans Revue de Paris, tome 32, 1836)

    nom

    SingulierPluriel
    tapertapers

    taper \te.pœʁ\ masculin (Anglicisme)

    1. (info) Raccord de fibre optique.
      • On présente la technologie des composants à fibres optiques par un processus fusionné d’un raccord progressif (taper) biconique. (http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=19431351)
    2. Clé de court-circuit placée entre les bornes d'un galvanomètre pour éviter le passage d'une trop forte intensité de courant électrique.



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