vénérable
étymologie
voir vénérer

adjectif

SingulierPluriel
vénérablevénérables

vénérable \ve.ne.ʁabl\ masculin et féminin identiques

  1. Qui est digne de vénération ou de respect.
    • Le vénérable pont sur le Tarn a non seulement de hautes arches en ogive, mais ses piles de briques, entre les voûtes et au-dessus des avant-becs, sont percées de baies du même style. (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Dans les environs, deux merveilleuses églises : celle de Ham-en-Artois, vestige imposant et vénérable de l'abbaye Saint-Sauveur; celle de Guarbecque, près de la petite ville de Saint-Venant, où triomphe aussi l'art roman. (Pierre Pierrard, Flandre, Artois, Picardie, Arthaud, 1970, p.184)
    • C’était une table toute servie pour quatre convives, dont les quatre sièges étaient disposés autour d’un pâté revêtu de sa croûte dorée, d’un chapon flanqué de bécassines, d’autres victuailles et de nombreux flacons vénérables. (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, coll. « Le Livre populaire » no 31, 1907)
  2. (Par extension) Qui appartient à une personne digne de vénération ou de respect.
    • On distingua alors une barbe blanche, un visage vénérable, et des mains raidies par la mort. (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre VIII)
  3. (Par extension) (Par euphémisme) D’un grand âge.
    • Cependant, le caractère vraiment ornemental et architectural des armoiries, qui ne tolérait pas une représentation des objets sous leur forme parfaitement naturelle, se conserva […] jusqu’au milieu du 16e [siècle]. Depuis, les bonnes traditions allèrent s’affaiblissant, jusqu’au 19e qui a été témoin de la décadence complète de cet art vénérable, dont il semble qu’on eût oublié même les principes les plus élémentaires. (Johannes Baptist Rietstap, Armorial général : précédé d’un Dictionnaire des termes du blason, tome 1 (A–K), G. B. van Goor Zonen, Gouda, 1884)
    • C'est au Procope, vénérable institution sise près du carrefour de l'Odéon, que sont apparus les premiers garçons de café, à partir de 1686. (Clémentine Gallot, Garçons de café : la risette du succès, dans Libération, n° 11163, du mercredi 12 avril 2017, p.19)
  4. Qui est consacré par la religion, ou qui réveille de grands souvenirs.
    • L’ossuaire de Douaumont est un monument vénérable.
  5. Qualificatif qu’on donne aux prêtres et aux docteurs en théologie, dans les actes publics, pour les honorer.
    • Fut présent discrète et vénérable personne N., prêtre, docteur en théologie, etc.
  6. Qualificatif donné à une personne dont la vertu et la piété notoires ont été reconnues au début d’un procès de béatification.

traductions
nom

SingulierPluriel
vénérablevénérables

vénérable \ve.ne.ʁabl\ masculin et féminin identiques

  1. Titre que l’on donne à certains religieux monastiques.
    • Quant aux cent livres que les habitants payaient pour avoir le droit de cuire leur pain, non dans le four banal, mais chez eux, il résulte que malgré la suppression de ce droit, les habitants ont éprouvé encore un préjudice réel parce que les religieux ou prieurs qui se servaient des bois des habitants pour chauffer le four banal, ont obligé ces mêmes habitants à renoncer à la propriété de ces bois, comme on peut le voir dans le traité qui en a été fait le 2 mars 1742 par le notaire Molle l’aîné, et déposé aux Archives de Dijon. Ainsi les vénérables chauffaient le four banal avec le bois des habitants qui payaient encore les frais du chauffage. (« François Landel », in Mémoires de l’Académie des sciences, arts et belles lettres de Dijon, 1935)
  2. Titre que l’on donne, chez les francs-maçons, au président d’une de leurs loges.
    • Ma mère m’emmenait parfois au cimetière du Père-Lachaise, sur la tombe de ses parents où étaient exposés sous un globe de verre les insignes maçonniques de mon grand-père, haut fonctionnaire de la Troisième République qui avait été disciple d’Auguste Comte et vénérable de la loge « La Rose du Parfait Silence ». (Michel Leiris, L’âge d’homme, 1939, collection Folio, page 28.)
    • Si le vénérable est absent, le premier surveillant le remplace : ce dernier est, à son tour, remplacé par le second surveillant dont le plateau sera occupé par un maître nommé d’office. (Louis Pérouas, ‎Michel Laguionie, ‎Roger Mériglier, Franc-maçonnerie et antimaçonnisme en Limousin, 2002)



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