verve
étymologie
D’après le TLFi, probablement du latin chrétien verva (« parole de Dieu » puis « inspiration »), forme dérivée de verba, pluriel de verbum (« parole »). Le Littré prend dans verva sa définition de « tête de bélier », dérivé de vervex « mouton, chèvre », chèvre donnant à son tour le mot caprice, d’où le sens 1.

nom

SingulierPluriel
verveverves

verve \vɛʁv\ féminin

  1. (vieux) Caprice ; bizarrerie ; fantaisie.
  2. Chaleur d’imagination qui anime l’orateur, le poète, l’artiste dans la composition de leurs ouvrages.
    • Platon, le divin Platon, n'était en verve que lorsqu'il était en pointe de vin. Ennius ne travaillait jamais à son poème héroïque, que Bacchus ne l'eût réconforté, et Alcée n'écrivait ses tragédies que lorsqu'il était ivre. (C. de Méry, Histoire générale des proverbes, adages, sentences, apophtegmes, vol. 3, Paris : chez Delongchamps, 1829, page 165)
    • Il n’y a aucune comparaison entre la langueur de la poésie religieuse et l’exaltation de la poésie chevaleresque, la verve de la poésie satirique. (Jean-Jacques Ampère, La Littérature française au moyen-âge, Revue des Deux Mondes, tome 19, 1839)
    • Vers la fin du siècle dernier, le vélocifère, prédécesseur de la diligence et des messageries, débarquait à Paris un provençal, plein de verve et d'entrain, né dans la ville d'Aix, et bossu, comme Ésope, par devant et par derrière.Désorgues (Théodore) », dans le Dictionnaire de la conversation et de la lecture, 2e éd., tome 7, Paris : chez Firmin Didot frères, fils et Cie, 1860, p. 465)
    • Or, tandis qu’il bonissait avec cette verve joviale, son œil rusé m’observait […]. (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
  3. Brio d'une personne qui s'exprime à l'oral ou à l'écrit, vivacité d'esprit.
    • Assurément sa verve est assez plaisamment colorée; mais ce qu'il grossit de chacun, c'est toujours le défaut le plus vulgaire. (André Gide, Journal 1889-1939, Bibliothèque de la Pléiade, Éditions Gallimard, 1951, page 285-286)
    • Dans le décor des miséricordes, autrefois simple, les huchiers donnent libre cours à leur fantaisie, les groupes sculptés n'ont pas toujours un caractère religieux, la tendance de l'époque au réalisme stimule l'humour et la verve satirique des artistes. (Histoire de l'art: L'Europe médiévale, sous la direction de Jean Babelon, Paris : NRF/Gallimard (Encyclopédie de la Pléiade), 1961, p. 889)
    • Il truffait ses sermons de paraboles modernes, d'images progressistes, magnifiés par sa verve naturelle et mordante et appuyés par un langage coloré qui choquèrent plus d'une grenouille de bénitier et d'une punaise de sacristie, mais que voulez-vous, il faut s'adapter ou périr, et le père Benoît La Poudrière n'avait aucune intention de baisser les bras face aux temps modernes. (Thibault Gardereau, Le livre d'un croque-mort: roman, Montréal (Québec) : VLB éditeur, 2003, p. 168)



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