targuer
étymologie
(Pronominal) De targe ; peut-être l’occitan targar, a-t-il déterminé cette altération. De plus, il a subi un rétrécissement pathologique, quand de verbe à conjugaison libre il est devenu un verbe uniquement réfléchi ; les anciens textes usent de l’actif targer ou targuer au sens de « couvrir, protéger ». Jusqu’à la fin du seizième siècle, se targer (se targuer) conserve la signification propre de « se couvrir d’une targe », et, figurément, de « se défendre, se protéger ». Mais, au dix-septième siècle, la signification se hausse d’un cran dans la voie de la métaphore, et se targuer n’a plus que l’acception de « se prévaloir, tirer avantage ».
(Non pronominal) Terme utilisé dans au XXeme siècle pour définir un surnom parfois moqueur aux survivants de la Première Guerre Mondiale 1914-1918. Les prétendues victoires des officiers de la bourgeoisie étaient contestées par des soldats témoins des événements. Ainsi alors que les officiers se targuaient de leurs exploits (fictifs ou non), les soldats effectuaient une manœuvre inverse, utilisant un quolibet pour trahir le mensonge de l'officier auprès des autres soldats. Ils utilisaient le terme "targuer" en opposition à "se targuer" pour ajouter à l'aspect satirique, détournant le langage des officiers a leur propre jargon.

verbe

targuer \taʁ.ɡe\ pronominal conjugaison (pronominal : s’targuer)

  1. Se prévaloir ; tirer avantage avec ostentation.
    • Au reste, les deux chefs, bien qu'ils s’en targuassent, n'avaient aucune liaison avec Brune : Jourdan et les autres hommes du gouvernement, et les douze cents conjurés qui devaient me frapper, n'étaient en réalité que quelques douzaines de misérables. (Anonyme, Napoléon, sa famille, ses amis, ses généraux, ses ministres et ses contemporains, Paris : chez P.-H. Krabbe, 1840, vol. 2, p.472)
    • Je ne voudrais en aucune façon que vous rougissiez de connaître les anciens ; mais je voudrais encore moins que vous vous targuassiez de ne connaître qu'eux. Parlez des modernes sans mépris, et des anciens sans idolâtrie. (Lettre 110 , du 22 février 1748, dans les Lettres de Lord Chesterfield à son fils Philippe Stanhope, traduites par Amédée Renée, Paris : chez Jules Labitte, 1842, vol. 1, p. 214)
    • Je croyais que vous vous targuiez, avec raison d’ailleurs, de n’avoir jamais fourré le nez dans ces foutaises et que vous continuiez à vous en moquer largement. (Louis Pergaud, Un point d’histoire, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Quand il mit le point final à son livre, sans doute s’imagina-t-il que son existence avait déjà passé par des détours suffisants pour qu’il pût se targuer, enfin, d’être dans l’âge viril. (Michel Leiris, De la littérature considérée comme une tauromachie, 1945-1946 (préface de L’âge d’homme, 1939), collection Folio, page 9.)
    • Si certains se targuèrent alors de rendre la chose plus « transparente » donc soi-disant plus saine, cela revenait tout de même à leur permettre de faire du renseignement législatif voire d'influencer nos élus. (Séverine Tessier, Lutter contre la corruption : à la conquête d'un nouveau pouvoir citoyen, Éditions François Bourin, 2015)

      targuer \taʁ.ɡe\ (transitif) conjugaison

  2. Donner un nom ; asséner, surnommer, rabaisser ou augmenter le prestige d'un autre, affubler d'un quolibet.



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