industrie
étymologie
Du latin industria.

nom

SingulierPluriel
industrieindustries

industrie \ɛ̃.dys.tʁi\ féminin

  1. Dextérité ou adresse à faire quelque chose.
    • […] je suis doué d’une bonne dose de philosophie, chose indispensable lorsqu’on voyage, en Amérique surtout, où la plupart du temps on est livré à sa propre industrie sans avoir la ressource de pouvoir compter sur un secours étranger. (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
    • Avant de pouvoir jeter l’ancre, j’eus encore à déployer toute la patience et l’industrie du navigateur. (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Stendhal dit quelque part que le soldat ne craint pas la mort, parce qu’il espère bien l’éviter par son industrie ; cela s’appliquait tout à fait à ce genre de guerre que nous faisions. (Alain, Souvenirs de guerre, p.102, Hartmann, 1937)
  2. Usage habile de moyens illégaux, illégitimes ou immoraux.
    • Les prières sont bien nécessaires : Waléran était un chevalier-brigand, dont les activités peccamineuses désolaient le pays. […]. La culpeuse industrie de Waléran lui laissait des loisirs, qu'il consacrait à deux passions : les femmes et la chasse. Et que chassait-il ? Les femmes, principalement. (Charles Turquin, « Histoire secrète d'un ermitage ardennais », dans Fume, c'est du Belge ! : L'héritage déjanté du « Pourquoi Pas ? », Éditions Jourdan, 2018)
    • ... je me réduisis à jouer dans quelques assemblées moins décriées, où la faveur du sort m’épargna l’humiliation d’avoir recours à l’industrie. (Abbé Prévost, Manon Lescaut, 1733, page 154)
  3. Profession mécanique ou mercantile, art, métier que l’on exerce et qui comporte une certaine ingéniosité.
    • Un petit cercle composé de Henry Finish , d'Allfair, de Ned le Long et de M. Hookey, se transportèrent à Fish-Lane , où se réunissait un club célèbre parmi les hommes qui vivent de leur industrie, et où divers jeux de hasard se jouaient de la manière la plus distinguée. (Edward Bulwer-Lytton, Paul Clifford, traduit de l'anglais par Jean Cohen, tome 1, Paris : chez Fournier jeune, 1831, p. 60)
    • L’élève du cheval de trait et du mulet est aujourd’hui une industrie très-prospère et surtout très-rémunératrice ; […]. (Jean Déhès, Essai sur l’amélioration des races chevalines de la France, École impériale vétérinaire de Toulouse, Thèse de médecine vétérinaire, 1868)
    • […] ces infortunés, depuis les temps les plus anciens, se sont évertués à épierrer ces immensités du Causse, ces plateaux calcaires que leur industrie mal rétribuée a compartimenté de murets innombrables d’un gris bleuâtre. (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
  4. Les arts mécaniques et les manufactures en général, ordinairement par opposition à l’agriculture, au commerce.
    • […] mais cette machine et les perfections de l’industrie ne soufflent pas la vie à un peuple, et ne diront pas à l’avenir qu’il a existé ; tandis que l’art égyptien, l’art mexicain, l’art grec, l’art romain avec leurs chefs-d’œuvre taxés d’inutiles, ont attesté l’existence de ces peuples dans le vaste espace du temps. (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Le minerai de fer a donné naissance à l'une des principales et des plus anciennes industries des Ardennes, la métallurgie du fer. (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 10)
    • […] ; elle estime, comme G. de Molinari, que le progrès moral du prolétariat est aussi nécessaire que le progrès matériel de l’outillage, pour porter l’industrie moderne au niveau toujours plus élevé que la science technologique permet d’atteindre ; […]. (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap. VII, La morale des producteurs, 1908, p. 324)
    • L’insuffisance du numéraire circulant en France étant avérée, Colbert avait résolu de protéger à outrance l’industrie du royaume. (Étienne Dupont, Le vieux Saint-Malo - Les Corsaires chez eux, p. 119, éd. Honoré Champion, 1925)
    • […], depuis la Seconde Guerre mondiale, les nations d’Europe occidentale ont laissé dépérir leur industrie charbonnière, tant il était facile de se procurer, en abondance et à bas prix, le pétrole du Proche et du Moyen-Orient. (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992, p. 178)
    • Cette industrie du drap est en effet l'une des plus complexes, et le nombre des opérations nécessaires pour transformer la laine brute en produit fini est très élevé. Il fallait trier la laine, la teindre, la mélanger, la carder, la filer, la tisser, dégraisser le tissu, le fouler, le lainer, le tondre, l'épinceter, et enfin lui donner de l'éclat en le pressant. (André Maurois, histoire de l'Angleterre, Fayard & Cie, 1937, p.235)
    • Avec les restes de l’industrie aurignacienne, on rencontre les os de tous les animaux dont l'homme faisait alors sa nourriture, et dont il employait les dents et les os pour fabriquer les ustensiles nécessaires à sa vie, […]. (Jacques de Morgan, L'humanité préhistorique : esquisse de préhistoire générale, Paris : La Renaissance du Livre, 1924, p.60)
    • Si certaines industries du Maroc sont technologiquement proches de l'Oldowayen, en l'absence de fouille de sols d'habitat, on ne peut rien dire sur le plan palethnologique du mode de vie de leurs auteurs. (Hélène Roche, Premiers outils taillés d'Afrique, Société d’ethnologie, 1980, p.47)

traductions
forme fléchie

industrie \ɛ̃.dys.tʁi\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de industrier.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de industrier.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de industrier.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de industrier.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de industrier.



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