bonté
étymologie
Du latin bonitatem, accusatif de bonitas#la|bonitas (« bonté »).

nom

SingulierPluriel
bontébontés

bonté \bɔ̃.te\ féminin

  1. Qualité de ce qui est bon.
    • Comme les poires ne peuvent se conserver long-temps dans leur premier état de bonté, & qu'on ne peut souvent les garder d'une saison à une autre. (L'agronome ou dictionnaire portatif du cultivateur, Rouen, 1787)
    • La miellée végétale est une substance sucrée répandue sur les végétaux, qui les nourrit et contribue à la bonté des fruits. (Jacques Radouan, Nouveau manuel complet pour gouverner les abeilles et en retirer grand profit, vol.2, p.108, 1840)
    • Grâce à la bonté des mortiers, ces masses renversées ne se sont point disjointes et sont là comme des rochers […]. (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
    • Les médecins consultés, il fut décidé qu’elles iraient à Scarborough, une petite plage de (sic) Yorkshire que l’on recommandait pour la bonté de ses eaux et l’agrément de sa situation. (Julien Green, Charlotte Brontë, dans Suite anglaise, 1927, Le Livre de Poche, page 104)
  2. Justice.
    • D’autre part, cette mansuétude et cette bonté vraiment chrétiennes lui avaient assis, parmi les ouailles, une solide réputation de brave et d’honnête homme. (Louis Pergaud, Le Sermon difficile, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
  3. Qualité morale qui porte à être doux, facile, indulgent, à faire du bien.
    • Hercule a la fougue d’Achille, mais bien plus de bonté. S'il a méfait, il se repent, répare. (Jules Michelet, Bible de l'Humanité, Calmann-lévy, 1876, p.223)
    • Vous, Seigneur, dont la bonté infinie n'a rien donné aux hommes de plus efficace pour effacer leurs péchés que la grâce de les reconnaître. (Jacques-Bénigne Bossuet, Anne de Gonz.)
    • Nous demandons, de grâce, encore un moment ; le roi a de la bonté ; et il sait bien que la chose a été précipitée. (Molière, Impr. 4.)
    • Point de pitié officieuse ? point de secourable bonté ? point d’affection agissante ? (Molière, l'Av. IV, 1.)
    • Il est vrai que du roi la bonté secourable Jette enfin sur la muse un regard favorable. (Nicolas Boileau, Sat. I.)
    • Je m’occupe, je pense, et j'ai pour volupté Ce charme que le ciel attache à la bonté. (St-Lambert, Saisons, Hiver.)
  4. (En parlant d’une femme) Égard.
    • Elle a de la bonté, des bontés pour lui, elle témoigne qu’elle a pour lui un sentiment tendre.
    • Elle a quelque bonté pour moi. (Molière, l'Av. IV, 3.)
    • C'est trop me faire entendre, Madame, mon bonheur, mon crime, vos bontés. (Jean Racine, Brit. III, 7.)
  5. Simple bienveillance ; pure politesse.
    • La bonté que vous avez eue de m’écrire.
    • Quand je parle, ayez la bonté de vous taire.
  6. (vieilli) Simplicité et trop grande naïveté.
    • Sa bonté l’a ruiné, l’a perdu.
    • Vous avez eu la bonté de le croire !
  7. (Au pluriel) Actes de bienveillance.
    • Que la reine a pour moi des bontés que j'admire ! (Pierre Corneille, Nicom. IV, 2.)
    • Où sont, Dieu de Jacob, tes antiques bontés ? (Jean Racine, Athal. IV, 5.)
    • Thésée à tes fureurs [les fureurs de Neptune] connaîtra tes bontés. (Jean Racine, Phèdr. IV, 2.)
    • Henri victorieux voyait de tous côtés Les ligueurs sans défense implorant ses bontés. (Voltaire, Henr. VIII.)
  8. (Au pluriel) Termes de politesse.
    • Je suis confus de vos bontés. Ayez la bonté de m’apprendre ce dont il s’agit.
    • Nous allons le remercier des extrêmes bontés qu’il nous fait paraître. (Molière, Impr. 10.)
    • Si vous aviez la bonté de me dire la même chose, vous m’obligeriez. (Blaise Pascal, Provençal 4.)
synonymes
traductions
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